
Plus de quatre ans après le début de l'invasion russe à grande échelle, l'ONU avertit que « le danger ne fait que s'accroître » en Ukraine. un Devant le Conseil des droits de l'homme à Genève, la Haut-Commissaire adjointe Nada Al-Nashif a dressé un tableau alarmant : les drones à courte portée sont devenus la principale cause de mort et de blessures chez les civils, avec un quasi doublement du taux de victimes rien qu'au cours des deux premiers mois de 2026. un
Sur le front humanitaire, l'Ukraine a perdu plus de la moitié de sa capacité de production électrique, entraînant des coupures pouvant atteindre 22 heures par jour dans certaines régions. un Les enfants, eux, paient un lourd tribut : l'UNICEF estime qu'ils ont perdu entre 79 et 88 % de leur temps d'apprentissage effectif entre mi-janvier et mi-février 2026 un, en raison des attaques contre les infrastructures. Et du côté des prisonniers, plus de 96 % des soldats ukrainiens capturés interrogés par l'ONU affirment avoir subi des tortures ou des mauvais traitements durant leur captivité. un Enfin, sur la scène diplomatique, la délégation chinoise a réaffirmé l'engagement de Pékin à « promouvoir les pourparlers de paix » un, une déclaration accueillie avec prudence par de nombreux observateurs.
L'école en temps de guerre : une priorité à ne pas sacrifier
Face à cette perte massive de temps scolaire, Béa Souleymane est catégorique : l'éducation doit tenir, même sous les bombes. « Les enfants ont déjà assez de stress comme ça, donc si en plus ils perdent totalement l'école, ça les pénalise encore plus », estime-t-il. Pour lui, des solutions existent — cours en ligne, systèmes provisoires — et doivent être mobilisées pour que les enfants conservent un minimum de repères dans un quotidien bouleversé. L'école, dans sa vision, n'est pas un luxe mais une bouée de secours psychologique.
Torture des prisonniers : la responsabilité ne peut pas être esquivée
Le chiffre de l'ONU — plus de 96 % des prisonniers ukrainiens victimes de tortures — est pour Béa sans appel. « Un pays doit être responsable de ce que font ses soldats », affirme-t-il, appelant à des enquêtes sérieuses et des sanctions concrètes. Sa position est ferme : l'impunité n'est pas une option, et le droit international doit s'appliquer, quelles que soient les dynamiques géopolitiques en jeu.
La Chine, acteur de paix ? Une confiance à mériter
Sur la question du rôle de Pékin, Béa adopte une posture de prudence raisonnée. Il ne ferme pas la porte à une implication chinoise, mais refuse la naïveté : « Ils disent vouloir la paix, mais on sait aussi qu'ils ont leurs propres intérêts. » Pour lui, la Chine devra être jugée sur ses actes, pas sur ses déclarations. Un rôle, oui — mais sous surveillance.
La paix, toujours possible, mais à quel prix ?
Après quatre ans d'un conflit meurtrier, Béa refuse le pessimisme tout en restant lucide. Une paix est envisageable, dit-il, mais elle exigera des compromis difficiles des deux côtés et, surtout, des garanties solides pour éviter une reprise des hostilités. « Sinon ça risque de repartir », prévient-il sobrement.
Le regard de Béa Souleymane sur ce conflit illustre bien l'état d'esprit d'une génération qui suit cette guerre avec attention et exigence morale. Entre indignation face aux violations des droits humains, méfiance envers les grandes puissances et espoir d'une paix négociée, il incarne une voix qui refuse autant le cynisme que l'angélisme. Une guerre ne se termine pas seulement sur un champ de bataille — elle se règle aussi, et peut-être surtout, dans les consciences et les institutions.
